Indigo
Bombay
(
Indigo Bombay - macédonien )
Roman
de Iagoda Mihailovska-Georgieva.

MOT
DE L'AUTEUR : Comment Indigo Bombay fut-il
écrit : J'avais l'intention
d'écrire une courte histoire sur ma sœur, une histoire tout à fait personnelle.
Je dirais même, pas sur elle mais sur nous, ses proches, qui l'aimions
et qui, en la perdant, nous sentions totalement anéantis par les évènements
dramatiques qui ont entouré sa mort extravagante, au printemps 2006.
Cependant, les souvenirs relégués dans le passé réapparurent en me faisant
retourner vingt ans en arrière, lors d'un autre printemps. Celui de
Bombay.
En
1994, avec mon mari, chirurgien urologue, nous avons accompagné l'un
de ses patients et ami, à Bombay où il espérait sauver sa propre vie.
Un jeune indien lui avait vendu un de ses reins, qui lui fut transplanté.
Nous n'avons pas réussi à sauver la vie de ma sœur Ana. Mais elle, par
sa mort, a sauvé deux autres vies. Nous avons fait la donation de ses
reins. Le bonheur de ces deux "renaissances" nous aida à surmonter notre
douleur, à sortir plus rapidement du tunnel vers la lumière. A cet instant,
tous les morceaux de mon puzzle se sont réunis d'une façon incroyable.
La
voie de Indigo Bombay était ouverte. Ana
devint l'héroïne du roman, Ana Ananda, se fondant dans les histoires
de Bombay. Son destin revêtit de nouvelles structures. De triste elle
devint heureuse, de malade émerveillée, et l'histoire sur la mort mua
en une histoire sur la vie. En histoire d'amour. Indigo Bombay devint
un roman sur l'amitié, l'amour, l'éblouissement, le respect et la compassion
envers soi-même et envers l'autre, sur les plus belles qualités que
nous portons en nous, où que nous soyons, d'où que nous venions.
Ainsi,
mon histoire intime, familiale, devint universelle.
J.
M.-G.
RÉSUMÉ
:
-
Rencontres ( Premier chapitre )
Ana
et Bombay n’ont rien de commun. Ana et Garuda non plus. Sous le même
ciel indigo, la femme vit son Occident dans un hôtel luxueux, et le
jeune garçon son Inde sur une décharge de Bombay, dans l’indifférence
de la ville. Ils sont repliés sur eux-même l’un et l’autre. Pas encore
prêts pour se rencontrer.
Une nuit, complètement différente de toutes leurs nuits précédentes,
changera d’une façon dramatique leurs vies. Elle est cauchemardesque
pour Ana. Remplie de rêves ambigus, de messages prédicateurs et de visages
sinistres. A travers eux, elle entend une voix, un appel mystérieux,
qui lui ordonne de quitter l’hôtel immédiatement et de se "fondre"
dans la ville… Obéissante, elle s’enfonce sans réfléchir dans la foule
de la rue, à la fois excitée et apeurée. Elle croit naïvement que c’est
de son propre chef. Pourtant…
La
nuit est cauchemardesque aussi pour le jeune Garuda. Sa séparation d’avec
sa mère est émouvante, avant son départ pour l’hôpital. Le lendemain
matin, lui aussi, excité et apeuré, s’enfonce dans sa propre aventure.
Il a décidé de vendre un de ses reins pour sortir de la pauvreté et
pouvoir offrir à sa mère les sandales dont elle rêve. Tout comme Ana,
il est persuadé d’avoir pris lui-même cette décision. Pourtant …
Ana
et Garuda ne se connaissent pas. Leurs histoires parallèles se déroulent
indépendamment l’une de l’autre, bien que, en rêve et dans la réalité,
ils voient sans cesse des signes qui les rapprochent de plus en plus
l’un de l’autre.
Tchandra
Bistaraj les connaît tous les deux avant qu’ils fassent sa connaissance.
Quand ils le rencontrent, chacun séparément, ce n’est pas par hasard.
Ana, lorsqu’il la ramène à l’hôtel après qu’elle se soit perdue dans
les labyrinthes de Bombay, et Garuda lorsqu’il l’a conduit à l’hôpital.
Il se présente à Ana sous le nom de Bistaraj, faisant partie du personnel
de l’hôtel, et à Garuda sous le nom de Tchandra comme « celui qui réunit
les frères de sang », et qui sert d’intermédiaire entre ceux qui vendent
et ceux qui achètent les reins pour se faire transplanter.
A partir du jour où Ana et Garuda quittent leur milieu naturel, Tchandra
Bistaraj devient leur seul soutien. C’est à travers lui que leurs chemins
se croiseront. Alors, Ana découvrira la double identité de Bistaraj,
persuadée d’être sur la trace d’un commerce illégal d’organes humains.
Elle est convaincue que le jeune garçon inconnu est l’une des victimes
de ce trafic et elle veut le sauver.
Elle
n’a même pas l’idée qu’il pourrait s’agir d’une piste d’une tout autre
nature. Il est trop tôt pour elle de comprendre que cette piste mène
directement dans la profondeur du « monde indigo » de Bombay.
- Reconnaissances ( deuxième chapitre )
Le
visage de Tchandra Bistaraj a aussi son envers. En accord avec les textes
sacrés de Baghavad Gîta, il guide les adeptes de la Voie Spirituelle.
Garuda, qui est Indien, a plus de facilités à le suivre et à accepter,
comme un karma inévitable, les choses qui "lui sont destinées".
Quant à Ana, elle a un esprit rationnel qui ne croit pas aux prédestinations
karmiques. Elle est une étrangère, venue presque par hasard à Bombay.
Elle n’est pas portée vers l’aventure et n’attache aucun intérêt à cette
tendance mondaine occidentale de se lancer dans une quête de son moi
intérieur. L’Inde, avec ses légendes et sa terrible réalité, l’affole
et l’enchante à la fois. Le réel, les rêves et Bistaraj avec son « double
jeu » la troublent, lui glissant entre les doigts.
Mais
lorsqu’elle tombera follement amoureuse de Bistaraj, sa clairvoyance
disparaîtra et elle subira des chocs intimes douloureux. Fragilisée
par son désir d’amour et par la passion sexuelle, et « détournée » de
son intention obsessive de sauver Garuda, elle se laisse dominer presque
sans conditions. Bistaraj devient son guide de confiance, patient, plein
de compréhension et d’amour. Il lui fait découvrir la ville de Bombay,
la visible, et des lieux d’une beauté magique, baignés de parfums et
de couleurs luxuriantes, mais aussi des endroits terrifiants qui sentent
la tristesse, la pourriture et la mort. Il la présente à ses amis des
bas-fonds de Bombay, l’introduit dans le monde illégal hospitalier,
l’amène visiter les maisons luxueuses de l’élite indienne. Dans le même
temps, il l’introduit dans les couches de "l’autre ville"—
Indigo Bombay, la mystique, la surréaliste, l’invisible pour les yeux
simples. Et cela d’une façon progressive, pas à pas, la guidant à travers
sa propre transformation.
Ana
perd la faculté de raisonner, elle n’est plus telle qu’elle était auparavant.
Pour la première fois de son existence elle se sent éveillée à la vie.
Véritablement vivante ! Capable de reconnaître la quintessence de l’amour
et de l’offrir aux autres. A la fin, il ne reste rien de son ancienne
existence. Même pas son nom. Ana devient Ananda. Elle est complètement
transformée.
Garuda
aussi vit des transformations. Il se rend compte qu’il a une dette karmique
bien plus importante que le besoin de gagner de l’argent. Et au prix
de sa vie, au nom de l’amour, il offre son rein au lieu de le vendre.
C’est pourquoi ils peuvent s’en aller avec le sourire : Garuda de sa
vie et Ananda de Bombay.
-
Epilogue (troisième chapitre)
L’idée
principale de l’épilogue est dans l’affirmation que la réalité et la
fiction se rencontrent en se reconnaissant.
Loin
de Bombay, douze ans plus tard ( le 1er mars 2006, dans sa ville natale,
Skopje, République de Macédoine ), Ana Mihajlovska ( 51 ans ) meure
suite à une hémorragie cérébrale. Sa famille fait la donation de ses
reins. Tino Zafirovski ( 47 ans ) et Mejreme Adami ( 24 ans ) — "ses
frères de sang", continuent de vivre grâce à ce cadeau inestimable.
Quant à Ana, grâce à Ananda, "sa double romanesque", vivra
éternellement dans le roman Indigo Bombay.
PRIX
:
" Le Roman de l'année " ( 2008 ) du quotidien Utrinski Vesnik en Macédoine.
EXTRAIT
:

L'AUTEUR
: Journaliste
et écrivain, elle vit et travaille à Skopje ( Macédoine ), à la Télévision
Telma. Elle est l'auteur de : Ma peau, recueils de nouvelles,
Moi, le jeune homme Eclair, roman pour la jeunesse Miroirs,
folles plantes, essais Igbal, mon secret, roman pour la jeunesse
et les adultes. Elle est également l'auteur d'une série de récits de
voyage pour la télévision sur Bombay et Goa ( Inde ), Katmandou et l'Himalaya
(Népal).
(
Voir aussi la proposition de traduction du roman La
pierre de ton jour du même auteur.)